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Les faits marquants de 2020

Philippe Denry, président de la commission Entreprise officine de la FSPF, dresse un bilan de l’année qui s’achève et livre les priorités pour 2021.

Par Fabienne Rizos-Vignal

© Ahn Lenoir

Quels sont les prin­ci­paux faits qui ont mar­qué le dia­logue so­cial conven­tion­nel  cette an­née ?
Un dia­logue so­cial dense et construc­tif a été main­tenu au prin­temps, pen­dant la pre­mière vague de la crise sa­ni­taire, afin de mettre en place un dis­po­si­tif ex­cep­tion­nel de pro­tec­tion des 120 000 sa­la­riés de la branche. Deux ac­cords ma­jeurs ont été conclus. L’un sur la pré­voyance et les frais de santé pour les sa­la­riés pla­cés en ac­ti­vité par­tielle, l’autre sur l’uti­li­sa­tion des ré­serves de la branche dé­te­nues par l’or­ga­nisme as­su­reur Kle­sia. Le sort de ces ré­serves avait pro­fon­dé­ment frac­turé le dia­logue so­cial de­puis plu­sieurs an­nées. La ré­so­lu­tion de ce li­tige, avec l’aban­don des pro­cé­dures et la si­gna­ture d’un pro­to­cole d’ac­cord, consti­tue un point mar­quant qui per­met­tra de fonc­tion­ner plus se­rei­ne­ment. La sim­pli­fi­ca­tion de la col­lecte des fonds HDS et FNDP en est un ef­fet col­la­té­ral po­si­tif.

Où en sont les dos­siers por­tant sur la clas­si­fi­ca­tion des em­plois et la mise à jour de la conven­tion col­lec­tive ?
Le toi­let­tage de la conven­tion col­lec­tive est presque achevé. Notre dé­marche était de sim­pli­fier sa lec­ture, donc son uti­li­sa­tion, et d’opé­rer une mise à jour à droit constant. Cer­tains points ont été éclair­cis, no­tam­ment la dis­tinc­tion entre pra­tique pro­fes­sion­nelle et an­cien­neté pour cal­cu­ler le pas­sage d’un co­ef­fi­cient à ce­lui su­pé­rieur. S’agis­sant du dos­sier « clas­si­fi­ca­tion des em­plois », la FSPF pro­pose d’in­tro­duire en fa­veur des ad­joints un nou­veau co­ef­fi­cient 450 ac­ces­sible avec une pro­gres­sion au­to­ma­tique afin de va­lo­ri­ser le dé­but de car­rière. Au-des­sus du co­ef­fi­cient 500, nous sou­hai­tons main­te­nir le sys­tème ac­tuel, sans évo­lu­tion au­to­ma­tique, pour lais­ser le contrôle à chaque en­tre­prise. Si la conven­tion col­lec­tive fixe bien un mi­ni­mum, elle ne doit ce­pen­dant pas ins­tau­rer des règles trop contrai­gnantes qui en­traî­ne­raient un sur­croît de charges pour les of­fi­cines.

En 2021, quelles se­ront vos prio­ri­tés ?
Nous sou­hai­tons trou­ver un mé­ca­nisme afin que les ac­cords conven­tion­nels sur les sa­laires de­viennent ap­pli­cables à toutes les en­tre­prises lors de leur ex­ten­sion, ce qui met­trait fin au sys­tème ac­tuel qui pé­na­lise les phar­ma­cies syn­di­quées puis­qu’elles sont te­nues de ré­per­cu­ter les aug­men­ta­tions sa­la­riales dès si­gna­ture des ac­cords. En­fin, la ré­no­va­tion du di­plôme de pré­pa­ra­teur en phar­ma­cie est un su­jet ma­jeur. Les ex­pé­ri­men­ta­tions qui dé­mar­re­ront à la ren­trée 2021 de­vraient abou­tir à terme à une for­ma­tion de ni­veau Bac+3, se­lon un « schéma li­cence », avec des pas­se­relles pour re­joindre le cur­sus d’études de phar­ma­cie. L’ac­tuel ré­fé­ren­tiel date de 1997. Plus qu’une évo­lu­tion, il s’agit d’une ré­vo­lu­tion afin de l’adap­ter aux nou­velles mis­sions. Nos équipes n’ont cessé de prou­ver, de­puis le dé­but de la crise que nous tra­ver­sons, leur ca­pa­cité à s’adap­ter. Fai­sons mon­ter nos pré­pa­ra­teurs à un ni­veau uni­ver­si­taire et dé­ve­lop­pons de nou­velles com­pé­tences pour leur pro­po­ser un mé­tier plus at­trac­tif.

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